Jean-François Kahn : “La chasse à courre anti-Frêche repart”
Mercredi 3 février 2010 | >La nouvelle affaire Frêche est tout à fait extravagante. On peut reprocher mille choses au président de la région Languedoc-Roussillon : gestion autocratique, voire tyrannique, abus de violences méprisantes dans ses rapports à autrui, sans compter les chantages insupportables qu’il a longtemps exercés sur la direction du PS en affirmant que, compte tenu de ce qu’il sait (sur l’affaire URBA, par exemple), il pourrait en dire beaucoup, tout en en disant jamais rien. N’a-t-il pas transformé le Parti Socialiste de son département en organisation purement clanique ?
Mais, outre que nul ne conteste qu’il a réveillé et considérablement transformé sa ville et sa région, et plutôt dans le bon sens, on n’a cessé, alors même qu’on lui a passé l’inacceptable, de l’accabler de faux procès.
Si sa phrase sur les footballeurs noirs majoritaires dans les équipes est raciste, alors elle était anti-blancs puisqu’en vérité il déplorait que ceux-ci fussent footballistiquement si médiocres.
Personne n’a sans doute fait plus que lui pour les Harkis de sa ville et de sa région, ne serait-ce qu’à cause de son prurit Algérie Française revendiqué sans complexe. Surtout, compte tenu de ses positions systématiquement pro israéliennes, pro sionistes, jusqu’à l’excès – la communauté juive locale votant massivement pour lui, contrairement à la communauté musulmane qui a contribué à son échec à la députation -, il est difficile, et même dérisoire, d’utiliser sa lourde saillie anti-Fabius afin de le faire passer pour un antisémite.
On peut d’ailleurs se demander si ce terrorisme du politiquement correct poussé jusqu’à l’absurde ne finira pas par faire son jeu.
Le problème, en outre, c’est que 70 % des militants socialistes locaux l’ont quasiment plébiscité alors même qu’il était confronté à des concurrents de qualité. Dans ces conditions, la direction socialiste ne peut décemment récuser sa candidature que si elle dissout les fédérations socialistes locales.
Remarquons, enfin, que ceux-là même qui, à droite, stigmatisent le politiquement correct qui consiste à diaboliser la moindre petite phrase non clean pour lepéniser l’adversaire, se déchaînent sans complexe contre Georges Frêche.

