Georges Sarre : “La France perd un grand Français”
Jeudi 7 janvier 2010 | >
Georges SARRE, Ancien Ministre, Membre honoraire du Parlement
Conseiller et Maire-adjoint de Paris, Secrétaire National du MRC
Avec Philippe SEGUIN, c’est probablement l’un des derniers véritables héritiers du gaullisme qui s’éteint, trop vite, trop tôt. En tous cas, c’est l’un des principaux, et trop rares, hommes de convictions de la vie publique.
Celui qu’on s’est plu à dépeindre comme « grognon » était surtout un grognard : un grognard du gaullisme, républicain inflexible, patriote sincère, en quête d’intérêt général au-delà des clivages.
Nous avons siégé ensemble à l’Assemblée Nationale, où il m’a précédé de trois ans, pendant plus de vingt ans. Lorsqu’il était dans l’opposition, j’étais dans la majorité et réciproquement ; pourtant, nous nous sommes retrouvés lors de grands combats essentiels, comme le NON au traité de Maastricht. Philippe SEGUIN était, à sa façon, un défenseur de la République des citoyens, et de la République sociale.
J’ai apprécié l’homme, avec lequel il m’arrivait de m’asseoir, lors d’interruptions de séances, sur une marche de quelque escalier du Palais Bourbon : nous devisions, tant sur ce qu’une existence d’homme et d’homme politique peut avoir de tragique, que sur les plaisirs de la vie et le bonheur d’agir. C’était une personnalité complexe, subtile, intelligente et drôle.
A ses proches, j’adresse, avec émotion, des condoléances sincères.
Paris, le 7 janvier 2010

