Rassemblé(e)s, nous pouvons empêcher la privatisation de La Poste
Mardi 22 septembre 2009 | >
Claude Nicolet - Secrétaire national du MRC
La droite a décidé le changement de statut de « La Poste » d’établissement public en société anonyme par actions. Cette évolution statutaire poursuit un seul et même objectif : la privatisation de La Poste. Elle souhaite nous l’imposer à tous. Nous la refusons et entreprenons rassemblés, une large mobilisation visant à sauvegarder le service public postal dans notre pays.
Après avoir longtemps hésité quant à la date du débat parlementaire, le Gouvernement confronté aux oppositions suscitées par son projet dans la société française de la part des populations, des élus locaux, des usagers, des personnels et des organisations syndicales a finalement choisi le passage en force au Parlement pour faire adopter son texte.
Invoquant l’urgence parlementaire afin qu’une seule et unique lecture du texte permette son adoption à la hussarde, le Gouvernement ne craint rien de plus que le débat public et citoyen sur l’avenir du service public postal tant il sait qu’aucun des arguments qu’il avance ne suffit à masquer ses véritables intentions.
La droite affirme que ni les directives ni les normes communautaires ne comportent d’obligations juridiques concernant le statut des opérateurs et leur privatisation. Elle oublie de dire que la libéralisation du secteur postal, exigée par ces mêmes textes européens y conduit inéluctablement tout en constituant un grave danger pour l’équilibre économique et la qualité des services rendus.
La promesse du Président de La République, de changer le statut tout en préservant un capital à 100% public n’engage que ceux qui y croient (d’ailleurs pourquoi changer de statut si l’ambition est de garder un capital totalement public ?), soit même pas le Gouvernement lui-même. On se souvient des engagements de Nicolas Sarkozy, la main sur le cœur face aux électriciens et gaziers et déclarant : « c’est clair, c’est net EDF-GDF, ne sera pas privatisé». Nous savons tous maintenant ce qu’il en est advenu.
Pour La Poste de la même manière, « rien n’est clair et rien n’est net » dans les arguments avancés par la droite : elle nous dit que le changement de statut lui permettra de lever des fonds sans solliciter les finances publiques. Mais quel est le fondement ? pour faire quoi ? avec quels objectifs ? D’autant qu’aujourd’hui, c’est l’Etat lui-même qui chaque année finance son propre budget et son bouclier fiscal en ponctionnant les ressources de La Poste de plusieurs centaines de millions d’euros. Demain, avec le projet de loi nouveau, il réduira en outre le financement du « service universel » comportant les obligations de service public assurées par la Poste (aménagement du territoire, transport et distribution de la presse, accessibilité bancaire) car les concurrents, tenus de participer à son financement seront seulement les distributeurs de courrier, le gouvernement se refusant à étendre cette participation aux distributeurs de colis .
Alors que la crise du capitalisme démontre à quel point le marché ne saurait se substituer à la puissance publique et à la démocratie pour relever les défis d’avenir que sont l’émergence d’un modèle de développement fondé sur le progrès, la justice sociale et l’écologie , le Gouvernement décide de livrer au marché et aux capitaux privés des pans entiers de notre patrimoine commun que constitue ce service public historique.
La Poste porte en elle un certain nombre des valeurs qui fondent notre pacte social et républicain : l’égalité par le prix unique du timbre, la solidarité en garantissant à plus de 2 millions de personnes l’accès aux services bancaires de base, la cohésion nationale et territoriale par sa mission d’aménagement du territoire, la démocratie par son rôle de proximité notamment dans les zones peu denses auprès d’une population souvent fragilisée par l’âge et la dépendance.
C’est pourquoi nous voulons que la Poste de demain assume pleinement ces fonctions, indispensables à notre pacte social et républicain. C’est cela la modernité du service public, à l’heure où une crise économique profonde fragilise les hommes et les territoires. C’est à cela que les Français pourront tester la volonté de répondre aux vrais défis du monde de demain à travers un instrument modernisé doté de véritables objectifs de solidarité économique et sociale.
Pour toutes ces raisons et parce que nous sommes convaincus que la privatisation de La Poste n’est pas une fatalité, il nous faut nous mobiliser.
Nous appelons conjointement l’ensemble des citoyens à se mobiliser entre le 28 septembre et le 3 octobre, partout en France, afin de faire reculer le Gouvernement sur son projet, en participant massivement aux votations citoyennes organisées par l’ensemble des syndicats, des partis de gauche, et des associations d’usagers, afin de dire NON à la privatisation du service public postal dans notre pays.
Ce combat que nous allons menons n’est ni un témoignage ni un baroud d’honneur, il doit être le point de départ de la reconquête de nos services publics.
A travers, cette bataille, c’est toute la gauche qui est rassemblée, des territoires et des élus qui s’organisent y compris au-delà des clivages gauche droite. Ce sont des milliers de citoyens qui ont décidé de prendre la parole et d’agir.

