Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin : “Recherche peuple désespérément”
14 octobre 2009 | Pas de Commentaire
Deux intellectuels socialistes montrent comment, depuis trente ans, la classe ouvrière, loin de disparaître, s’éloigne des villes et des banlieues pour s’installer dans des zones peri-urbaines ou rurales, et comment une certaine gauche médiatique persiste à l’ignorer, parfois au prix d’une prolophobie de plus en plus évidente.
Publié par Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, respectivement docteur en sciences politique et professeur d’histoire-géographie, il prolonge bien des analyses et des combats menés par Marianne depuis douze ans. Mais surtout il les éclaire d’un jour nouveau, « géo-sociologique ».
Ce peuple que la gauche et les modernes tiennent pour résiduel depuis vingt ans, existe toujours : le nombre d’ouvriers a baissé, mais très peu, et celui d’employés a augmenté. Mais la mondialisation a obligé les uns comme els autres à muter, à bouger toujours plus loin de ces centre-villes devenus les territoires de la nouvelle bourgeoisie que seuls ses domestiques de divers ordres (valets, femmes de ménage, promeneurs de chiens, précepteurs, babysitters) peuvent encore approcher.
Une mutation sociale politique s’est effectuée sous nos yeux sans que personne n’en rende compte dans la sphère médiatique ou même intellectuelle : le poids des ouvriers ne cesse de monter dans les département dits « ruraux ». L’inflation immobilière a poussé les ouvriers et employés à s’éloigner des villes pour payer moins cher leur logement, quitte à dépenser un budget considérable dans les déplacements. Suite…

